Des toilettes sèches de type “TLB” démontables !

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Difficulté:

Comment fabriquer des “toilettes à litière biomaîtrisée” pouvant vous suivre partout…


Lorsque nous avons commencé à retaper notre maison (enfin… notre “ruine”…), nous n’avions ni eau, ni électricité… et encore moins de sanitaires !


D’où l’idée de fabriquer des “toilettes sèches”, en poussant le principe jusqu’à en concevoir des “démontables” afin qu’elles puissent s’adapter à l’évolution de notre chantier et puissent nous suivre lors de nos voyages souvent synonymes de “camping sauvage”… et cela au moindre coût…


En avant pour tester ce système qui s’est avéré très efficace, inodore et source de compost de qualité ! 😉

Matériel

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Budget:

50 €

L’idée était de partir sur du matériel hyper classique, voire de récupération.
Nous avons donc eu besoin de :

  • 2 tablettes de pin de 18mm d’épaisseur, de 50cm de large par 2m de long (2 x 11€ en GSB, en fait il faut 5 morceaux de 50 x 50cm => une tablette de 2m + une “chute” de 50cm, c’est l’idéal…)
  • un seau de récupération, en plastique, acier galvanisé, émaillé ou zingué (l’idéal restant un seau en inox… mais compter alors dans les 90€ 😉 )
  • une chute de bois de 20 x 38cm (le fond)
  • quelques chutes de tasseaux de bois et quelques vis / colle
  • un seau de maçon en plastique (1€ en GSB)
  • une lunette de WC (en bois, c’est le top, 15€ en GSB, mais en plastique ou de récup’, c’est bien aussi)
  • (option) un support de papier WC de récup’ (souvent fourni en “pack” avec la lunette ci-dessus !)
  • (option) un petit récipient ou une grosse louche pour les copeaux
  • des rouleaux de PQ 😉

http://blog.ouiaremakers.com/wp-content/uploads/formidable/TLB.skp

Etape 1 : Réaliser les 4 côtés et le fond des toilettes

Il s’agit donc de :

  • couper 4 plaques de 50cm de large par 43cm de haut (adaptable en fonction de la hauteur des WC souhaitée)
  • éventuellement, réduire la surface de contact avec le sol en créant une forme de “pieds” (ça permet d’être plus facilement stable)
  • éventuellement, créer un arrondi sur les bords extérieurs (à la fraise 1/4 de rond et défonceuse, ou simplement au papier de verre)
  • usiner des rainures de la taille de l’épaisseur de votre bois (18mm ici), à environ 4cm des bords et sur la moitié de la hauteur de chaque côté. ATTENTION ! : ces rainures doivent partir du haut pour 2 des côtés, et du bas pour les 2 autres, afin d’assembler le tout à mi-bois !
  • fixer un tasseau (bois de 2 x 2cm et 38cm de long) à 65mm du bas de deux côtés qui se feront face.
  • créer un “fond” (chute d’OSB ou autre d’environ 38 x 20cm) qui viendra se poser sur ces tasseaux pour supporter le seau.

Etape 2 : Réaliser l’assise des toilettes

Il s’agit d’abord d’usiner le socle de l’assise :

  • découper un carré de 50 x 50cm dans le bois de 18mm d’épais,
  • éventuellement, créer une forme périphérique pour que ce soit plus joli (ben oui 😉 ) et au moins arrondir les coins pour ne pas s’y faire mal
  • éventuellement, arrondir les contour à la fraise 1/4 de rond ou au moins casser les arrêtes au papier de verre
  • en positionnant la lunette bien au centre, tracer le cercle (plutôt ovale d’ailleurs) de son emprise intérieure et le découper (scie sauteuse)
  • en face inférieure, coller / visser 4 chutes de tasseaux qui viendront se loger aux 4 angles intérieurs de la structure des WC pour rigidifier le tout et maintenir en place l’assise

ATTENTION ! :

  • lorsque vous positionnez la lunette, assurez-vous que ses fixations tomberont bien à l’extérieur du carré formé par les 4 côtés de l’étape 1 !
  • de même assurez-vous de bien positionner les chutes de tasseaux afin que l’ensemble ne soit pas trop serré quand même !
  • et ne percer pas un trou trop grand : assure-vous d’abord que votre seau de maçon n’y passera pas entièrement ! 😉
  • enfin, selon le sens des fibres de bois, n’hésitez pas à renforcer l’assise en fixant un ou deux tasseaux perpendiculairement au besoin (avec le temps, l’assise peut se fendre dans le sens des fibres du bois, de chaque côté du trou percé pour la lunette)

Il vous reste encore à :

  • fixer la lunette sur l’assise en bois avec ses deux charnières
  • découper une “bavette” dans le seau de maçon en en otant le fond et le haut avec son anse (couteau ou scie à métaux), de façon à ce qu’elle s’adapte au mieux au trou percé dans l’assise en bois : la bavette doit dépasser d’un bon cm sans gêner la fermeture de la lunette.

Etape 3 : Assembler / démonter le tout !

Super simple, il suffit de :

  • insérer les deux côtés avec les rainures basses dans les deux côtés aux rainures hautes sans forcer ni vriller le tout (ouais, à 4 mains, c’est plus facile 😉 )
  • placer le fond et le seau dessus
  • figer / rigidifier le tout en posant l’assise sur le tout
  • soulever la lunette pour insérer la bavette dans le trou de l’assise en bois
  • mettre un rouleau de PQ sur le porte rouleau que vous aurez éventuellement fixé sur un des côtés !
  • et apprendre à vous servir de ces toilettes d’un nouveau genre… avant de tout démonter !!!

Etape 4 : Apprendre à se servir de “TLB” !

Et oui, ce n’est pas si simple… quelques règles sont à respecter pour une utilisation optimale :

  1. Comme litière, utiliser:
    ➡ des déchets végétaux secs branchages et feuilles broyées, plantes arrachées, tonte d’herbe séchée, tous les déchets de jardin, etc.
    ➡ des copeaux et sciure de bois (malgré ce que beaucoup pensent, ce n’est pas la litière idéale, mais cela convient), cartons d’emballage déchiquetés,
    ➡ de la pailles broyées,
    ➡ tous les éléments mentionnés ci-dessus peuvent être mélangés ; les déchets de jardin broyés et mélangés constituent les meilleures litières.
  2. Ce qu’il ne faut pas utiliser comme litière:
    ➡ copeaux et sciure de bois tropicaux exotiques qui peuvent générer des mauvaises odeurs et provoquer des allergies,
    ➡ sciure de bois seul, source de poussière dans la maison,
    ➡ compost ou terre de jardin; chaux, cendres, tourbe, matières minérales.
  3. Au départ :
    On dépose une couche de quelques centimètres de litière au fond du seau de la toilette.
    La quantité de litière à ajouter s’apprend à l’usage.
    Trop de litière signifie vidanges fréquentes.
    Trop peu risque de ne pas bien maîtriser les odeurs.
  4. Après chaque utilisation :
    Couvrir les selles avec une feuille de papier de toilette (pas besoin de les séparer, et il en existe du biodégradable maintenant !) et un peu de litière qu’on humidifie
    à l’aide d’un pulvérisateur pour plantes d’intérieur.
    Encore mieux : uriner dessus, si l’on peut, en répartissant l’urine sur toute la surface de litière qui couvre les déjections.
    Tous les papiers de toilette conviennent et sont jetés dans le seau.
    Cette toilette accepte également les bandes hygiéniques et les couches culottes compostables.
    Faut-il encore en trouver dans le commerce…
  5. Une fois le seau «plein» :
    Videz-le simplement sur le compost… ou dans la nature !
  6. Rincer et égoutter le seau avant de remettre en service, même un seau en acier inoxydable demande un nettoyage de fond tous les 15 jours
    Pour cela, utiliser un produit de nettoyage prévu pour la baignoire.
  7. Au mois de novembre de chaque année, vider le carré à compost.
    Son contenu est entassé pour faire un tas en forme de toit et couvert d’une couche d’au moins 20 cm de paille.
    Après une année de repos, le compost obtenu est prêt à l’emploi dans le jardin, y compris le potager.

NB : Il s’agit donc d’un modèle «de voyage», à démonter / remonter pour embarquer dans un véhicule aménagé par exemple… ou pour servir sur un chantier !
Perso, quand le voyage n’est pas trop long, on met un sac poubelle dans le seau (éventuellement biodégradable) et on jette le tout si on est loin ou on le met au compost au retour sinon !
Autonomie = environ 4 jours à 2, le «pipi» des messieurs se faisant souvent dans la nature…

Etape 5 : Pour aller un peu plus loin…

http://blog.ouiaremakers.com/wp-content/uploads/formidable/TLB.pdf

L’objectif est de reconduire nos déjections dans le cycle de formation de l’humus dans les meilleures conditions possibles (ce que font naturellement les animaux, entre parenthèse… y a qu’a observer et s’inspirer quoi !).
A cette fin, la première chose à faire est d’empêcher l’uréase – un enzyme présent dans les déjections – de transformer l’azote organique précieux en ammoniac, inutilisable pour la synthèse de l’humus.
Ce phénomène a été compris grâce à une observation de laboratoire : la cellulose végétale inhibe les réactions enzymatiques qui minéralisent la matière organique des déjections. Or, ces réactions sont aussi à l’origine des odeurs désagréables.

L’idée est donc immédiate : ajouter de la cellulose végétale à nos déjections pour bloquer les réactions enzymatiques, ce qui, par la même occasion, empêche le dégagement des odeurs.
Une des conséquences de cette adjonction est l’augmentation du rapport carbone/azote de nos déjections qui, de ce fait, sont prêtes pour un compostage aérobie en plein air.

Un détail important : le blocage des réactions enzymatiques n’a lieu qu’en milieu humide, donc en présence d’urine. C’est la raison pour laquelle on ne peut, en aucune manière, séparer l’urine et la matière fécale. De plus, afin d’empêcher le démarrage de la minéralisation de l’azote, l’adjonction de la cellulose végétale (la litière utilisée) doit intervenir directement après la production de la déjection.

Pour en savoir plus : http://www.eautarcie.com !

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abriko

07 juil. 2016 à 10:35

Merci pour ce tuto et surtout merci pour la partie “pour aller plus loin” car j'ai déjà un toilette sèche que j'ai fait moi même et je n'étais pas sûr de ma manière de l'utiliser.

J'avais tout de même une question: que faire en cas de Gastro-entérite?

Chapao

07 juil. 2016 à 10:35

C'est vrai qu'il existe plusieurs sortes de toilettes dites sèches, et même plusieurs “philosophies” associées, en particulier quant à la question de séparer ou non les urines des fèces… il n'est donc pas si évident de s'en servir !


Personnellement, je suis satisfait de ce fonctionnement “sans séparation”, qui me fait un très bon compost en une seule année d'attente, et qui n'a vraiment aucune odeur : nous avons dû même dormir sous tente avec les toilettes posées à côté de notre lit sans problème !


Par contre, je ne sais trop que répondre à votre dernière question… que je ne me suis jamais posée !!! 😉

On dit que la gastro peut se transmettre par simple contact me semble-t-il (d'où l'intérêt des lavages de mains !), mais y a-t-il alors un risque de contagion via l'utilisation de telles toilettes ? Et dans quelle mesure le virus associé (si c'est bien un virus ?) peut-il profiter des conditions associées pour survivre voire se propager ? Mystère ! 🙂

=> Si un médecin passe par ce forum, qu'il n'hésite pas à répondre !!!

abriko

07 juil. 2016 à 10:35

C'est plutôt en ce qui concerne le compostage et les maladies. Car pour le reste, J'imagine que les toilettes sèches sont plus hygiéniques, sans chasse d'eau pas de dissémination et les bactéries n'aiment pas le sec…

Chapao

07 juil. 2016 à 10:35

Ben, pour le compostage, en général, ça dépend du volume de ton compost : s’il est assez important (autour du m3), il montera suffisamment en température (autour des 65 à 70 degrés Celsius) pour détruire tous les germes : c’est d’ailleurs un des avantages du compostage.

Par contre, les composteurs fournis par les communautés de communes présentent un volume souvent insuffisants pour que cette montée en température ait lieu, et là, ça peut peut-être poser problème en effet…

mathieu

08 sept. 2016 à 16:41

Génial merci chapao !
Aurai tu des détails pour les arrondis ? Et aussi pour l'ovale en bas de chaque côté ?

Je galère un peu !
Merci
Mathieu

Maitre splinter

21 jan. 2017 à 17:42

fais!
Je posterais plus longuement sur la confection, les détails techniques qui m'ont marqué.
Merci, mille merci pour ce tuto, en plein déménagement, j'avais besoin de faire quelque chose de rapide et pérenne.
Donc merci encore!!

Chapao

23 jan. 2017 à 09:29

Yes !, je suis super content que ce tutoriel ait pu vous être utile et qu'il ait débouché sur une nouvelle réalisation ! => oui, n'hésitez pas à partager tout ce qui pourrait être utile à d'autres, voire à écrire votre propre tutoriel !
Sinon, c'est une réalisation qui nous a servi pendant toute la durée de nos travaux de notre maison, et ça nous a drôlement dépanné... en plus de créer un premier compost pour le jardin ;)
Et ces toilettes sont toujours rangées, prêtes à resservir au besoin !
De rien, et bonne utilisation à vous !

mathieu

23 fév. 2017 à 08:17

Salut Chapao!
Dis tu aurai d'autres photos ??
J'ai fabriqué mes toilettes grace a ton tuto et j'aimerai parler de toi sur mon blog, mais je n'ai qu'une photo des toilettes sèches, il m'en faudrait plus !

Chapao

23 fév. 2017 à 18:11

Bon, j'ai trouvé 10 photos de ces TLB : finalement, elles n'étaient pas si mal rangées ;o) Il y en a pour presque 20Mo en taille d'origine... à moins qu'une taille plus petite (1024 x 768 ?) te convienne ? Dis-moi...

mathieu

23 fév. 2017 à 18:16

Super ! :D
Envoie moi ce que tu peux, et je prendrai les plus intéressantes pour l'article ! Je t'envoi mon mail en PJ

Chapao

23 fév. 2017 à 18:00

Salut Mathieu !
Super, je suis content que ce tutoriel ait pu t'être utile !
Oui, je dois avoir d'autres photos... mézou... ? ;o) => je cherche et te tiens au courant ! A+

mathieu

24 fév. 2017 à 09:01

Super ! :D
Envoie moi ce que tu peux, et je prendrai les plus intéressantes pour l'article ! Je t'envoi un message privé


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